samedi, mai 12, 2007

Ténébreuse soprano

Notre prochain single virtuel doit être prochainement publié sur Jamendo. Il comporte « La Ténèbre », un morceau bien pompier où la voix d'une soprano figure à côté des traditionnels cris et hurlements, et la version studio de « T'aimer (C'est aller à la mort) ».

Je profite comme toujours de cette annonce pour présenter la pochette en avant-première et certifier la licence sur ce blogue.




Jamendo : Free music

Juste un mot pour signaler que le single a été mis en ligne, une dizaine d'heures à peine après l'upload ! Cliquez sur la pochette pour y accéder.

vendredi, mai 11, 2007

Lots of Love & Peace

Ce n'est pas parce que l'angoisse, l'inquiétude et la peur règnent désormais en France qu'il faut se laisser abattre et perdre le moral. Pour requinquer tous ceux d'entre vous qui n'ont jamais mis les pieds dans un avion privé ou sur un yacht, je vous propose aujourd'hui une pochette clairement inspirée par le fameux Summer of Love qui remonte à quarante ans déjà.


Pour répondre par avance à la question que je sens poindre à vos lèvres, non, je n'ai pas écouté le disque en question.

mardi, mai 08, 2007

Comme qui dirait prémonitoire


J'ai trouvé cette affiche sur un blogue au début de l'année. Étant donné le résultat des élections présidentielles, où les voix des vieillards ont joué un rôle décisif, elle me paraît comme qui dirait prémonitoire.

dimanche, mai 06, 2007

Une fois encore, j'étais seule

Comme l'avez sans doute noté, le titre de ce blogue a changé, de même que son sous-titre. Pour illustrer cette décision, j'ai choisi un texte d'Ugo Bellagamba extrait de l'Appel d'air des écrivains de « mauvais genres ».


Le Suicide de la démocratie

Quand je suis entrée dans la pièce, tous les régimes étaient déjà là. Les prières le disputaient aux sanglots ; les unes étaient-elles plus sincères que les autres, il était trop tôt pour en juger. Toujours est-il que la plupart des régimes m’ignorèrent comme ils l’avaient toujours fait. Leur mépris ne me touchait plus depuis longtemps. Même le sourire narquois de cette salope de ploutocratie me laissa de marbre. Ma tristesse que je n’avais l’intention de prouver à quiconque, occultait tout.

C’est la monarchie qui vint à moi. Sa souffrance ne semblait pas feinte. Elle me prit dans ses bras, je la laissai faire. Elle avait toujours été un peu absolue dans ses émois. Je l’aimais bien pour cela.

« Il ne manquait que toi. Viens. »

M’ouvrant la voie entre la tyrannie et l’aristocratie qui, une fois encore, se disputaient en toute indécence, elle m’amena jusqu’à la gisante, que l’on avait drapée dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Ainsi, figée dans ses valeurs tutélaires, elle semblait presque… parfaite.

« Qui aurait pu croire qu’elle en arriverait là ? » me dit, à voix basse, la monarchie.

Moi. J’ai toujours su que la démocratie finirait ainsi. Qu’elle se donnerait la mort. Tous les autres régimes, eux, vivent et meurent, emportés les uns sur les autres dans le grand cycle de la dégénérescence. Elle haïssait l’Anacyclosis. Jamais elle n’aurait supporté cette fin lente, sans grâce. Nous en avions parlé maintes fois.

« Comment s’est-elle… », demandai-je, sans pouvoir finir ma phrase.

La monarchie eut un frisson.

« Elle s’est servie de l’arme la plus puissante dont elle disposait. »

Je levai le regard au-dessus de la gisante : l’arme était là, encore dégoûtante du sang qu’elle avait versé.

« Le suffrage universel… », murmurai-je.

— Direct, précisa la monarchie.

— En plein cœur ?

— Oui. Jusqu’à la garde.

— En seul tour de scrutin. ». Ma voix mourut.

Les monarchies censitaires et parlementaires qui s’étaient approchées pour épier notre conversation, s’étreignirent avec force : « quelle histoire, quelle folie ». D’un regard dur, la monarchie absolue les balaya plus loin.

« Qui prononcera l’hommage ? »

La monarchie ne me répondit pas, elle se contenta de pointer l’Autel du doigt : avec force gestuelle affectée, le Principat rassemblait ses papiers, préparait sa voix C’était plus que je ne pouvais en supporter. Je tournai le dos à la gisante et, sous le poids des régimes interloqués, me dirigeai vers la porte. La monarchie absolue ne tenta pas de me retenir. Elle avait compris, je pense.

J’ai fui le cadavre de la Démocratie, dont je me sentais pourtant si proche. Après tout, un régime si parfait qu’il ne convenait presque pas à des hommes, un régime si empreint d’idéal, était-il si différent de moi ? Une fois encore, j’étais seule, Utopie noyée d’ombres.

Ugo Bellagamba

dimanche, avril 29, 2007

Mise en perspective du partage


Si vous n'avez pas encore lu Du bon usage de la piraterie, de Florent Latrive, je ne peux que vous conseiller de vous précipiter dessus. Personnellement, j'ai profité de sa réédition en poche pour l'acheter, mais, son auteur étant cohérent avec lui-même, il est également téléchargeable gratuitement ici.

Lisez-le et revenez ensuite lire la suite de ce texte.



C'est bon, vous l'avez lu ?

Alors je peux maintenant vous parler du billet d'Hervé Le Bras dans le numéro de mai de La Recherche. Chroniqueur dans ce magazine, Hervé Le Bras est également — et surtout — directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales. Et son billet, intitulé « Statistique citoyenne », forme un intéressant complément au livre que vous venez de lire.

On y apprend notamment que, si vous désirez acquérir auprès de l'Insee les quatre cédéroms des profils communaux du dernier recensement, il vous en coûtera la fort modique somme de 5 259,50 euros.

Oui.

Vous avez bien lu.

5 259,50 euros.

Si vous désirez avoir le détail des migrations et des déplacements des Français, c'est un peu moins cher : 4 754 euros. mais il n'y a, il est vrai, que deux cédéroms.

Maintenant, imaginons, comme le fait Hervé Le Bras dans sa chronique, que vous ayez l'intention de reporter sur des cartes l'ensemble des statistiques si chèrement payées. Eh bien, pour acquérir le fond de cartes BdCarto de l'IGN, il vous faudra débourser 99 000 euros.

Oui.

Vous avez bien lu.

99 000 euros.

Pour une carte de France.

vendredi, avril 27, 2007

L'illusion scandaleuse de la gratuité

« LA GRATUITÉ C'EST LE VOL » déclare le ministre des finances

« La loi sur la préservation de l'économie et la diminution de la dette publique est une loi juste, digne d'une grande démocratie comme la France, » appuie le président. « Il faut préserver notre industrie, notre commerce et nos services contre les ravages de la gratuité. Les revenus des auteurs et des compositeurs ne sont-ils pas en train de plonger à cause de la concurrence déloyale exercée par les artistes qui mettent leur musique en libre accès, contrairement à toutes les règles du marché ? Les ventes des quotidiens ne sont-elles pas en chute libre en raison de la multiplication des sources d'informations gratuites — et, disons-le, le plus souvent douteuses ? Nos artisans ne sont-ils pas menacés par le travail au noir non rémunéré qui se multiplie en catimini ?
« Il devenait urgent de mettre un terme à ces abus qui mettent en péril le pays tout entier. C'est pourquoi, après avoir écouté avec attention les différents acteurs économiques, le gouvernement a décidé d'interdire toute offre de service ou de produit gratuit dès lors qu'il existe une solution payante équivalente. Par conséquent, le don, le prêt et à plus forte raison la copie des produits culturels est interdite, dans le souci de défendre les créateurs contre la véritable spoliation dont ils sont victimes chaque fois qu'une de leurs œuvres est consommée sans contrepartie financière. De même, il est désormais défendu aux associations caritatives de procurer gratuitement nourriture, vêtements ou services pour ne pas concurrencer les commerces et entreprises au bord de l'asphyxie financière. Recourir aux services de l'État sera désormais facturé à l'acte, afin de donner à chacun la possibilité du libre choix dans tous les domaines, y compris celui de la sécurité des biens et des personnes.
« À partir du premier janvier de l'année prochaine, la vente de produits de seconde main sera interdite, afin de protéger les producteurs. Seuls les objets de collection d'une valeur supérieure à cent euros échapperont à cette règle. De fait, brocantes et vide-greniers sont appelés à disparaître en faveur de foires ne proposant que des objets neufs, dans le but de préserver les emplois de ceux qui fabriquent les objets en question. À cette même date entrera en vigueur l'article 17 de la loi qui condamnera sévèrement le travail gratuit, cette plaie de notre société. Aider quelqu'un à, par exemple, refaire le papier peint de son salon sera dés lors passible de 5 ans de prison et de 375 000 euros d'amende, sauf bien entendu à l'intérieur du cercle familial restreint tel qu'il a été défini par la loi sur la famille du mois dernier — c'est à dire limité aux personnes possédant au minimum 50 % d'ADN en commun, les individus prédisposés génétiquement à la malhonnêteté et à l'incivilité étant bien entendu exclus.
« C'est ainsi, mes chers compatriotes, que nous sauverons la France et reviendrons à une croissance positive dès l'année prochaine. En supprimant à jamais l'illusion scandaleuse de la gratuité. »

DÉPÊCHE AFP :

« Un boy-scout qui avait aidé une vieille dame à traverser la rue sans lui réclamer de chèque emploi service a été condamné à trois ans de prison dont deux avec sursis et 10 000 euros d'amende par le tribunal de Nice. Le ministre de l'intérieur, qui estime la sanction bien légère, a demandé au parquet de faire appel. »

dimanche, avril 15, 2007

Je n'ai pas envie de sortir



Vous vous souvenez sûrement de Dead Joshua, le roi du noisy minimaliste en copyleft, que j'ai interviewé l'année dernière sur ce même blogue. Il y a deux ou trois mois, je lui ai soumis deux textes que j'avais écrits spécialement pour lui, parce que, comme on dit, j'adore ce qu'il fait, et que j'avais envie de voir ce que ça donnerait s'il chantait en français.

Voici l'un des morceaux, « Dehors », une ballade dans des tonalités sombres quelque part entre Skip Spence et le Velvet Underground. Et si vous en voulez plus, c'est ici.


vendredi, avril 13, 2007

Des singes en hiver


Bon, en théorie, je ne parle pas de science-fiction sur ce blogue, mais Sylvie vient de sortir son nouveau roman, La Saison des singes, chez L'Atalante, et je ne peux résister au plaisir de le signaler. En 2004, elle avait déjà publié chez le même éditeur Haute-École, un roman de fantasy, mais, cette fois-ci, c'est bien de SF qu'il s'agit — une SF tout aussi distrayante qu'ambitieuse, à des milliers d'années de lumière de ces œuvres bâtardes, dites « transfictionnelles », qui sont très à la mode en ce moment. Vous pouvez en lire une critique ici, sur l'excellent site Culture-SF que je ne saurais trop vous recommander de visiter et d'explorer en détail si vous vous intéressez ne serait-ce qu'un peu à la science-fiction.

vendredi, mars 30, 2007

Remember DADVSI

J'ai reçu hier ma carte d'électeur. Pour fêter ça, voici une petite vidéo tournée en avril de l'année dernière :




J'en profite aussi pour rappeler à ceux qui l'auraient oublié que le parti au pouvoir, dont le leader est candidat aux élections présidentielles, est revenu l'année dernière sur la licence globale — pourtant votée par l'Assemblée nationale — sous la pression des lobbies de l'industrie musicale, affirmant ainsi la criminalisation des échanges privés de fichiers musicaux et privant du même coup les créateurs d'une source de rémunération supplémentaire.

Souvenez-vous en avant de mettre un bulletin dans l'urne.