dimanche, avril 29, 2007

Mise en perspective du partage


Si vous n'avez pas encore lu Du bon usage de la piraterie, de Florent Latrive, je ne peux que vous conseiller de vous précipiter dessus. Personnellement, j'ai profité de sa réédition en poche pour l'acheter, mais, son auteur étant cohérent avec lui-même, il est également téléchargeable gratuitement ici.

Lisez-le et revenez ensuite lire la suite de ce texte.

…

C'est bon, vous l'avez lu ?

Alors je peux maintenant vous parler du billet d'Hervé Le Bras dans le numéro de mai de La Recherche. Chroniqueur dans ce magazine, Hervé Le Bras est également — et surtout — directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales. Et son billet, intitulé « Statistique citoyenne », forme un intéressant complément au livre que vous venez de lire.

On y apprend notamment que, si vous désirez acquérir auprès de l'Insee les quatre cédéroms des profils communaux du dernier recensement, il vous en coûtera la fort modique somme de 5 259,50 euros.

Oui.

Vous avez bien lu.

5 259,50 euros.

Si vous désirez avoir le détail des migrations et des déplacements des Français, c'est un peu moins cher : 4 754 euros. mais il n'y a, il est vrai, que deux cédéroms.

Maintenant, imaginons, comme le fait Hervé Le Bras dans sa chronique, que vous ayez l'intention de reporter sur des cartes l'ensemble des statistiques si chèrement payées. Eh bien, pour acquérir le fond de cartes BdCarto de l'IGN, il vous faudra débourser 99 000 euros.

Oui.

Vous avez bien lu.

99 000 euros.

Pour une carte de France.

vendredi, avril 27, 2007

L'illusion scandaleuse de la gratuité

« LA GRATUITÉ C'EST LE VOL » déclare le ministre des finances

« La loi sur la préservation de l'économie et la diminution de la dette publique est une loi juste, digne d'une grande démocratie comme la France, » appuie le président. « Il faut préserver notre industrie, notre commerce et nos services contre les ravages de la gratuité. Les revenus des auteurs et des compositeurs ne sont-ils pas en train de plonger à cause de la concurrence déloyale exercée par les artistes qui mettent leur musique en libre accès, contrairement à toutes les règles du marché ? Les ventes des quotidiens ne sont-elles pas en chute libre en raison de la multiplication des sources d'informations gratuites — et, disons-le, le plus souvent douteuses ? Nos artisans ne sont-ils pas menacés par le travail au noir non rémunéré qui se multiplie en catimini ?
« Il devenait urgent de mettre un terme à ces abus qui mettent en péril le pays tout entier. C'est pourquoi, après avoir écouté avec attention les différents acteurs économiques, le gouvernement a décidé d'interdire toute offre de service ou de produit gratuit dès lors qu'il existe une solution payante équivalente. Par conséquent, le don, le prêt et à plus forte raison la copie des produits culturels est interdite, dans le souci de défendre les créateurs contre la véritable spoliation dont ils sont victimes chaque fois qu'une de leurs œuvres est consommée sans contrepartie financière. De même, il est désormais défendu aux associations caritatives de procurer gratuitement nourriture, vêtements ou services pour ne pas concurrencer les commerces et entreprises au bord de l'asphyxie financière. Recourir aux services de l'État sera désormais facturé à l'acte, afin de donner à chacun la possibilité du libre choix dans tous les domaines, y compris celui de la sécurité des biens et des personnes.
« À partir du premier janvier de l'année prochaine, la vente de produits de seconde main sera interdite, afin de protéger les producteurs. Seuls les objets de collection d'une valeur supérieure à cent euros échapperont à cette règle. De fait, brocantes et vide-greniers sont appelés à disparaître en faveur de foires ne proposant que des objets neufs, dans le but de préserver les emplois de ceux qui fabriquent les objets en question. À cette même date entrera en vigueur l'article 17 de la loi qui condamnera sévèrement le travail gratuit, cette plaie de notre société. Aider quelqu'un à, par exemple, refaire le papier peint de son salon sera dés lors passible de 5 ans de prison et de 375 000 euros d'amende, sauf bien entendu à l'intérieur du cercle familial restreint tel qu'il a été défini par la loi sur la famille du mois dernier — c'est à dire limité aux personnes possédant au minimum 50 % d'ADN en commun, les individus prédisposés génétiquement à la malhonnêteté et à l'incivilité étant bien entendu exclus.
« C'est ainsi, mes chers compatriotes, que nous sauverons la France et reviendrons à une croissance positive dès l'année prochaine. En supprimant à jamais l'illusion scandaleuse de la gratuité. »

DÉPÊCHE AFP :

« Un boy-scout qui avait aidé une vieille dame à traverser la rue sans lui réclamer de chèque emploi service a été condamné à trois ans de prison dont deux avec sursis et 10 000 euros d'amende par le tribunal de Nice. Le ministre de l'intérieur, qui estime la sanction bien légère, a demandé au parquet de faire appel. »

dimanche, avril 15, 2007

Je n'ai pas envie de sortir



Vous vous souvenez sûrement de Dead Joshua, le roi du noisy minimaliste en copyleft, que j'ai interviewé l'année dernière sur ce même blogue. Il y a deux ou trois mois, je lui ai soumis deux textes que j'avais écrits spécialement pour lui, parce que, comme on dit, j'adore ce qu'il fait, et que j'avais envie de voir ce que ça donnerait s'il chantait en français.

Voici l'un des morceaux, « Dehors », une ballade dans des tonalités sombres quelque part entre Skip Spence et le Velvet Underground. Et si vous en voulez plus, c'est ici.


vendredi, avril 13, 2007

Des singes en hiver


Bon, en théorie, je ne parle pas de science-fiction sur ce blogue, mais Sylvie vient de sortir son nouveau roman, La Saison des singes, chez L'Atalante, et je ne peux résister au plaisir de le signaler. En 2004, elle avait déjà publié chez le même éditeur Haute-École, un roman de fantasy, mais, cette fois-ci, c'est bien de SF qu'il s'agit — une SF tout aussi distrayante qu'ambitieuse, à des milliers d'années de lumière de ces œuvres bâtardes, dites « transfictionnelles », qui sont très à la mode en ce moment. Vous pouvez en lire une critique ici, sur l'excellent site Culture-SF que je ne saurais trop vous recommander de visiter et d'explorer en détail si vous vous intéressez ne serait-ce qu'un peu à la science-fiction.

vendredi, mars 30, 2007

Remember DADVSI

J'ai reçu hier ma carte d'électeur. Pour fêter ça, voici une petite vidéo tournée en avril de l'année dernière :




J'en profite aussi pour rappeler à ceux qui l'auraient oublié que le parti au pouvoir, dont le leader est candidat aux élections présidentielles, est revenu l'année dernière sur la licence globale — pourtant votée par l'Assemblée nationale — sous la pression des lobbies de l'industrie musicale, affirmant ainsi la criminalisation des échanges privés de fichiers musicaux et privant du même coup les créateurs d'une source de rémunération supplémentaire.

Souvenez-vous en avant de mettre un bulletin dans l'urne.

samedi, février 24, 2007

Le « Jack l'Éventreur » de Screamin' Lord Sutch

J'ai un peu étoffé le site de Brain Damage. Au lieu d'une seule page, il en compte désormais quatre. On y trouve essentiellement de la musique, avec des morceaux live et des versions alternatives de titres déjà en ligne. Tout ça est appelé à évoluer et à changer irrégulièrement.

En triant de vieilles bandes, notamment des DCC — mais si, rappelez-vous, c'est un magnéto cassette numérique que Philips a essayé de lancer au milieu des années 90, avant de revendre tout son catalogue musical à Seagram et de sortir un graveur de CD de salon —, je suis encore tombé sur des morceaux dont nous avions totalement oublié l'existence. Notamment une petite chanson garage toute mixée à laquelle il ne manque plus qu'un chant.

C'est fou ce qu'on peut laisser traîner.

Il y a aussi des live, en général bien pourris ; ça va de la prise en sortie de console avec la grosse caisse, les claviers et la voix beaucoup trop en avant à l'enregistrement caverneux genre magnéto cassette au fond de la salle, en passant par des trucs archi-saturés. J'ai quand même réussi à récupérer un morceau dont je n'avais aucune version potable. Il s'appelle « Prisons intérieures » et l'enregistrement a été réalisé à Meudon-la-Forêt en 1989, dans un festival en plein air près du bois. On avait joué pour la balance le « Jack l'Éventreur » de Screamin' Lord Sutch et, plus tard, pendant le concert, les gamins — pas bien grands — qui étaient là à la balance n'arrêtaient pas de crier « Jack l'Éventreur » en se marrant comme des baleines.



J'ai aussi mis la main sur des trucs enregistrés quand on répétait avec Christian Boulé. Dont une excellente version à deux guitares d'« Elastic minute », un instrumental bien psychédélique de son premier album, un massacre absolu de « 22 Broad Street », du même album, et deux ou trois titres inédits bien rock'n'roll que j'aimerais bien partager. Mais les morceaux de Christian, qui a disparu en 2002, ne sont malheureusement pas sous licence de libre diffusion. Dommage.

jeudi, février 15, 2007

Prog punk ou New Wave speed ?

Pendant que j'écoutais et réécoutais les morceaux du live en cherchant sur quelle fréquence agir pour me rapprocher du son que j'avais dans la tête, je rêvassais aux mondes de la musique et de l'industrie musicale — et à leurs rapports tout de même basés sur une certain domination. J'étais aussi en train de lire un excellent bouquin d'un journaliste rock anglais sur la période post-punk (1978-1984), qui se trouve couvrir ce que j'appellerai ma « jeunesse », avec la bière, le shit et les décibels, comme chantaient Duroc. Pour l'instant, ça ne parle que de groupes qui nous ont plus ou moins influencé, nous, les Brain Damage de Bagneux. J'en discutais hier avec Nono, qui a admis sans hésiter l'influence de Magazine, le groupe fodé par Howard Devoto après son départ des Buzzcocks. Je me souviens qu'il écoutait pas mal Killing Joke, et même les Résidents. Moi, j'ai toujours eu un faible pour Kraftwerk, les tout premiers Cure me procurent toujours un état hypnotique et l'on ne m'ôtera pas de lidée que War est un sacrément bon album, voire le meilleur de U2. Les autres avaient des influences diverses mais analogues.

Nous sortions du feu de paille sinistre et éblouissant du punk. Maintenant qu'il avait accompli son œuvre de destruction, il fallait reconstruire. C'est pourquoi la période en question est riche en expériences de toutes sortes, certaines s'appuyant sur ce qui avait précédé le punk, du glam rock à des choses plus progressives. Real Life, premier album de Magazine, était l'affirmation d'une ambition qui renouait, entre autres, avec le King Crimson et Roxy Music ; il suffit d'en écouter le premier morceau de la face un pour s'en convaincre. Et, de l'autre côté de l'Atlantique, l'acid rock pointait sous les doigts des guitaristes de Television.

Ce concert a été enregistré le 15 septembre 1984, alors que la riche période en question touchait à sa fin. Détail amusant, cette formation n'a plus jamais rejoué ensemble par la suite. Le bassiste a vendu sa basse, le batteur a arrêté la batterie… Nous n'étions plus que trois quand nous avons reformé le groupe, quelques années plus tard. À ce moment-là, nous avons pris une orientation plus garage punk 60's. Sans doute parce que la musique du cru 1984 de Brain Damage avait été l'expression d'un environnement musical qui n'existait plus.

À l'époque, nous éhttp://www.blogger.com/img/gl.link.giftions incapables de définir notre style musical. On disait qu'on faisait de la new wave speed, du punk mélodique… des trucs comme ça. Vu le nhttp://www.blogger.com/img/gl.link.gifombre de désignations qui ont fleuri à la fin des années 70 et au début des années 80, nous ne devions pas êtres les seuls. Aujourd'hui, je serais tenté de parler de prog punk, juste pour rire.

En guise d'illustration, « Que justice soit faite ! » un morceau qui ne sera pas sur le live parce qu'il y a trop de plantes :



mercredi, février 14, 2007

Un souvenir de George Orwell

À la réécoute, ce vieux live n'est pas mal du tout, surtout après un bon passage à travers un égaliseur graphique. Un document de la fin de l'ère post-punk, une époque où les missiles se regardaient de travers par-dessus le Rideau de fer. Il s'agit du dernier concert de cette version de Brain Damage, enregistré le 15 septembre 1984 au Cithéa, une petite salle de l'est parisien.

Certains morceaux restaurés sont déjà en ligne et les autres le seront bientôt sur les sites habituels. Il y en a dix au total, qui donnent une idée assez exacte de comment cette formation sonnait sur scène. Le Cithéa avait un bon ingénieur du son.

La pochette est un nouveau détournement de l'affiche au pompier de Francis Saint-Martin. Je ne m'en lasse pas.






Jamendo : Free music

dimanche, février 11, 2007

Les visages de la Dame blanche

Hier, j'ai totalement refondu le site officiel de Brain Damage. Il ne fait toujours qu'une seule page, mais elle est, me semble-t-il, plus accueillante que l'ancienne.

Sinon, voici deux morceaux enregistrés en concert au mois de septembre 1984.

Visages sur l'écran



Dame blanche